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HLP Séance 9 : Le monde de l'animal .

Séance 9 : Le monde de l'animal





On peut distinguer l'animal de l'homme en partant de la définition classique du monde : le monde c'est l'ensemble des choses et des êtres crées , c'est l'univers , le cosmos . Alors que l'animal est seulement dans le monde , qu'il ressent et auquel il réagit instinctivement ; l'homme existe dans le monde en y ajoutant ses représentations, son imagination , sa culture. L'homme se déploie plus librement que l'animal dans le monde , c'est cela que l'on veut dire par exister.



A. L'animal a-t-il une âme ?


A. 1. Le domestique et le sauvage .


La distinction entre l'animal et l'homme est rendue difficile par l'affinité que nous entretenons avec les animaux dits domestiques . Le sauvage c'est ce qui n'a pas subi l'intervention de l'homme et qui est resté conforme à l'état de nature. Les lions dans les cirques par exemple sont des animaux dressés , leur comportement est régi par des hommes et n'a plus rien à voir avec celui qu'ils auraient dans la nature. Interrogez-vous sur la part de nature sauvage dans le monde : en reste-t-il ?


Les chiens , les chats , sont des animaux domestiques , cela ne veut pas seulement dire qu'ils sont apprivoisés mais qu'ils ont une grande facilité à s’adapter aux foyers humains. Ils deviennent alors des compagnons auxquels on prête une attention particulière : l'animal domestique est un être choisi, élevé par l'homme, qui vit dans son entourage pour l'aider, le distraire, le nourrir.


On se permet d'utiliser ainsi les animaux domestiques , comme des choses, comme des instruments parce qu'on les considère comme des êtres inférieurs , des auxiliaires . Comment est fondée cette infériorité ? La philosophie a fondé cette perception de l'animal en le comparant à la machine :



" Dans les animaux il n'y a ni intelligence, ni âme, comme on l'entend ordinairement. Ils mangent sans plaisir, ils crient sans douleur, ils croissent sans le savoir, ils ne désirent rien, ils ne craignent rien, ils ne connaissent rien; et s'ils agissent d'une manière qui marque intelligence, c'est que Dieu les ayant faits pour les conserver, il a formé leur corps de telle façon qu'ils évitent machinalement et sans crainte tout ce qui est capable de les détruire. Autrement il faudrait dire qu'il y a plus d'intelligence dans le plus petit des animaux, ou même dans une seule graine que dans le plus spirituel des hommes; car il est constant qu'il y a plus de différentes parties et qu'il s'y produit plus de mouvements réglés que nous ne sommes capable d'en connaître".


Nicolas Malebranche


-l'animal ne pense pas

-l'animal n'a pas de sensibilité ( il ne souffre pas)

-il est crée et réglé par le dieu créateur selon ce principe : fuir la peine et rechercher le plaisir. ( principe de conservation de soi )

-l'animal est composé de manière complexe et intelligente par le dieu ( artisan créateur) ; il ne faut pas confondre l'intelligence du dieu créateur de l'animal et l'intelligence -inexistante- de l'animal. Ce n'est pas parce que la forme de l'animal manifeste de l'intelligence que cette intelligence est celle de l'animal lui-même. L'animal n'est pas la cause de l'organisation complexe de son corps.




A. 2. Le langage des bêtes .


« Enfin il n'y a aucune de nos actions extérieures, qui puisse assurer ceux qui les examinent, que notre corps n'est pas seulement une machine qui se remue de soi-même , mais qu'il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, excepté les paroles,ou autres signes faits à propos des sujets qui se présentent,sans se rapporter à aucune passion . Je dis les paroles ou autres signes, parce que les muets se servent de signes en même façon que nous de la voix; et que ces signes soient à propos, pour exclure le parler des perroquets, sans exclure celui des fous, qui ne laisse pas d'être à propos des sujets qui se présentent, bien qu'il ne suive pas la raison; et j'ajoute que ces paroles ou signes ne se doivent rapporter à aucune passion, pour exclure non seulement les cris de joie ou de tristesse, et semblables, mais aussi tout ce qui peut être enseigné par artifice aux animaux; car si on apprend à une pie à dire bonjour à sa maîtresse lorsqu'elle la voit arriver, ce ne peut être qu'en faisant que la prolation de cette parole devienne le mouvement de quelqu'un de ses passion; à savoir, ce sera un mouvement de l'espérance qu'elle a de manger, si l'on a toujours accoutumé de lui donner quelque friandise lorsqu'elle l'a dit; et ainsi toutes les choses qu'on fait faire aux chiens, aux chevaux et aux singes, ne sont que des mouvements de leur crainte, de leur espérance, ou de leur joie, en sorte qu'ils les peuvent faire sans aucune pensée. Or il est, ce me semble, fort remarquable que la parole , étant ainsi définie , ne convient qu'à l'homme seul. »

Descartes , Lettre au marquis de Newcastle ( 23 novembre 1646)



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Vous traiterez au choix une de ces deux questions :


QUESTION 1 : Question d'interprétation :

Comment Descartes distingue-t-il la parole humaine et le « parler » des animaux ? ( 50 lignes maximum)

QUESTION 2 : Question d'explication :

Ne peut-il y avoir de parole qu'humaine ? ( 50 lignes maximum)


Rappel méthodologique :

L’une des questions, intitulée « question d’interprétation », appelle un travail portant sur la compréhension et l’analyse d’un enjeu majeur du texte. L’autre, appelée «question de réflexion à partir du texte », conduit le candidat à rédiger une réponse étayée à une question soulevée par le texte.

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