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Séries générales : texte du second tour .



DESCARTES : Méditations métaphysiques : Résumé







Y a-t-il une vérité qui soit absolument certaine ?

C'est à cette question que Descartes cherche une réponse dans les Méditations métaphysiques.


Descartes remarque que les sens nous trompent, et que de ce fait il est prudent de ne pas se fier à ceux qui nous ont une fois trompés.

Il reprend les arguments sceptiques : une tour carrée paraît ronde de loin, un bâton plongé dans l’eau paraît brisé, etc.

Certes, le fait de douter de l’existence ou de la vérité du monde extérieur paraît extravagant. Mais il ne faut pas oublier que lorsque nous rêvons, nous croyons solidement à la réalité de ce que nous voyons dans nos songes, alors que ce n’est qu’illusion. Vivrions-nous dans un rêve, dans lequel rien n’existe réellement ?

Descartes répond que l’imagination a ses limites : elle ne peut pas créer de nouvelles choses, simplement les combiner autrement. Elle ne peut donc probablement pas avoir créé d’elle-même notre monde.


Descartes propose une distinction entre la science des choses composées (physique, médecine) qui seraient douteuses, car travaillant sur des choses que l’imagination aurait pu forger par combinaisons fantaisistes, et la science des choses simples (arithmétique, géométrie, etc.) travaillant sur l’étendue, les figures, les quantités, le lieu, le temps, et qui seraient elles certaines. Car que je veille ou que je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq1.

Mais l’auteur des Méditations métaphysiques balaie lui-même cette distinction : peut-être que Dieu nous trompe même là-dessus. La bonté de Dieu n’exclue-t-elle pas cette hypothèse ? Comment pourrait-il ainsi nous abuser ?

En fait, l’existence même de Dieu est incertaine. Nous sommes donc, une fois encore, dans une profonde incertitude.


Descartes imagine alors l’hypothèse la plus pessimiste possible, celle du malin génie : un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant a employé toute son industrie à me tromper.

Cette hypothèse qui clôt le livre I, est reprise au début du livre II. Descartes est toujours à la recherche d’une vérité indubitable, comme Archimède qui réclamait un point fixe pour soulever la terre.



Or au cœur même de l’hypothèse la plus pessimiste, celle du malin génie, se cache une vérité certaine : « il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe ».


On voit donc apparaître ici ce qu’on appelle le cogito cartésien :

De sorte qu’après y avoir bien pensé, il faut conclure et tenir pour constant que cette proposition : je suis, j’existe est nécessairement vraie toutes les fois que la prononce ou que je la conçois en mon esprit.

Dans le Discours de la Méthode, Descartes résumait cela de manière plus elliptique : « je pense, donc je suis ».

Au cœur même du doute se dissimule donc une vérité certaine. S’en dissimule-t-il d’autres ?


Descartes tente de découvrir d’autres vérités indubitables à partir de celle-ci.

Peut-on, tout d’abord, dire quelque chose de certain à propos de ce moi qui pense ? Qu’est-ce que le « je » du « je pense » ?

Suis-je un homme ? Une âme ? Tous ces termes flous ne peuvent être retenus : qu’est-ce qu’un homme ? Un animal raisonnable, comme le définit Aristote et les scolastiques ? Qu’est-ce qu’une âme ? Ne serais-je pas plutôt qu’une simple âme, aussi un corps ?

En fait, il faut revenir à la vérité indubitable du « je pense ». Tout ce que l’on peut dire de certain sur moi-même, c’est que je ne suis, précisément parlant, qu’une chose qui pense.

On peut donc aussi admettre une quantité d’autres vérités à propos du moi, à partir de cet attribut essentiel, la pensée, qui définit le moi : qu’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent.

Ainsi du cogito, peu à peu, on déduit une quantité de vérités certaines.

Pourtant un contre-argument apparaît : le corps n’est-il pas plus connaissable que l’esprit ou la pensée ?


Le corps est visible, on peut le toucher, le manipuler, effectuer des expériences sur celui-ci. La pensée au contraire est immatérielle et sa nature semble mystérieuse.

Descartes ne commet-il donc pas une erreur en cherchant une vérité certaine dans « la chose qui pense » ? Ne faudrait-il pas chercher celle-ci dans la matière ?


Pour invalider cet argument, Descartes recourt dans les Méditations métaphysiques au célèbre argument de la cire. Lorsqu’on examine ce bout de matière pure, on y décèle certaines caractéristiques : une certaine longueur, une consistance, telle ou telle couleur, etc. Néanmoins, si on chauffe celle-ci, toutes ces caractéristiques, qui semblaient solidement ancrées dans la chose, ont disparu. La cire solide devient liquide, sa couleur change, ainsi que son poids ou son diamètre.

Nous n’avions donc pas découvert une évidence indubitable. Il est donc illusoire de chercher une vérité de ce type dans la matière et les corps.

La perception, qui semble nous donner un rapport direct et immédiat à la vérité de la chose, est donc trompeuse.


En revanche, cette vérité peut être découverte, non par la perception mais par l’entendement. En effet, dans la cire solide et la cire fondue, il reste des éléments qui ne changent pas : la cire a par exemple toujours une certaine étendue, une certaine flexibilité, etc. Ce sont là des éléments invariants de tout type d’objet matériel, dont l’idée nous vient par abstraction. Ainsi c’est en abstrayant le point commun de différentes étendues que l’on obtient la notion générale d’étendue.

C’est ainsi que l’entendement, à la différence de la perception saisit une vérité dans la chose. Descartes préfigure ici la distinction que fera Locke des qualités premières et des qualités secondes, dans son Essai concernant l’entendement humain.

Il utilise un second exemple, celui des chapeaux observés du haut de sa fenêtre pour montrer que l’entendement saisit une vérité qui échappe à la perception : les passants qui portent ces chapeaux.

Descartes conclut que la vérité indubitable se trouve du côté de l’esprit, plutôt que du corps : de ce que les corps mêmes ne sont pas proprement connus par les sens ou la faculté d’imaginer, mais par le seul entendement, je vois clairement qu’il n’y a rien qui ne soit plus facile à connaître que mon esprit.

 
 
 

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